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Kinshasa : Deux journalistes enlevées et dépouillées

Les routes de Kinshasa n'ont pas des voies spécifiques pour les motos. Motards et conducteurs des autres véhicules roulent sur les mêmes voies. Les passagers des motos n’hésitent pas à décrocher leurs téléphones pendant qu’ils roulent.

Une scène devenue on ne peut plus habituelle dans la capitale Kinshasa. Un taxi en commun de marque Toyota modèle IST propose ses services en ce début de soirée du mardi 31 octobre 2017 à deux journalistes de la télévision SOLI qui rentrent d’une course au niveau de la station COHYDRO sur l’avenue Sendwe (1ère rue Limete). Deux hommes à l’intérieur avec le chauffeur y sont installés.

Quelques minutes plus tard aux environs du coin  » Pont Kabu « , le chauffeur propose aux deux dames de monter la glace prétextant la présence des voleurs dans ce secteur très peuplé. Les deux dames dans la banquette arrière ne se doutent de rien sur ce geste de sécurité courant. C’est en ce moment que le chauffeur bloque les portières et laisse la voie à ses complices. L’un est armé. Ils se présentent comme des agents de renseignements et menancent de les enlever pour demander une rançon à leur famille. Ils fouillent les sacs et prennent tout. Nanah Kumbi, l’une de deux dames, voit sa bague de mariage être arrachée. Elle est même tabassée alors que ce taxi change de cap et se dirige vers la commune de Limete au quartier Kingabwa située à 10 minutes de là.

C’est dans un coin bien isolé de cette commune qu’Huguette Kilundu et Nanah Kumbi seront abandonnées. Tous leurs biens emportés par cette bande de malfrats.

Ces pratiques sont devenues courantes dans la ville de Kinshasa : braquages, enlèvements ou autres escroqueries etc… Souvent au grand dam des policiers sans moyens.

L’insécurité bat son plein depuis, on ne peut s’en cacher, les évasions de la prison centrale de la Ville. Plusieurs de ces évadés manquent encore, à ce jour, au registre de cette grande prison. L’on regrette cependant que la plupart des véhicules-taxis de la ville ne sont pas identifiés tout comme les taxi-motos, véritables outils de crime dans la ville. Ces motos ne disposent pas de plaque d’immatriculation ni d’aucun signe d’identification. Les autorités de la capitale craignent sans doute d’énerver la communauté  » luba  » qui se spécialise dans ce type de transport (moto) et que l’on lie naturellement au plus grand parti de l’opposition, UDPS, du feu patriarche Etienne Tshisekedi, lui-même luba.

Les femmes, à entendre les témoignages, sont les plus grandes victimes. Et la population a développé des instincts pour assurer sa sécurité : ne pas prendre des taxis quand on est seul ou prendre des taxi-bus. D’autres personnes préfèrent encore bien scruter le véhicule qui se présente aux arrêts avant de l’emprunter. 

Dickson Yala

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